
Réflexions sur la conférence Points of Light, qui a eu lieu à La Nouvelle-Orléans en 2025
Il est important de souligner dès le départ que ce genre de rassemblement international ne se fait pas en vase clos. Nous nous sommes réuni·es durant une période où les relations internationales sont de plus en plus complexes d’un point de vue géopolitique. Une plus grande motivation économique individuelle influence désormais la façon dont les pays, y compris le Canada, s’impliquent sur la scène mondiale.
Cette complexité aurait pu venir assombrir notre rencontre, mais nous avons plutôt trouvé collectivement des moyens de naviguer dans ces eaux troubles. Nous nous sommes réuni·es pour briser l’isolement et l’épuisement ressentis par plusieurs dans le secteur. Nous nous sommes réuni·es pour créer un élan et avoir l’impression de partager un but commun.
Nous avons été présent·es, et j’en suis très heureux.
Tisser des liens
Pendant trois jours en juin, environ 1200 personnes représentant des organismes sans but lucratif, des entreprises, des gouvernements et des communautés se sont rassemblées à l’hôtel Marriott de La Nouvelle-Orléans pour la conférence Points of Light, qui était organisée par nos pairs de HandsOn New Orleans.
La programmation incluait plus de 70 séances, mais c’est dans les moments entre celles-ci que la magie a le plus opéré : dans les conversations dans les corridors, dans les rires partagés, dans les solutions communes et, surtout, dans le sentiment que nous ne sommes pas seul·es. Le Points of Light Global Network n’est pas juste une liste de membres; c’est réellement une communauté.

Les parcours d’apprentissage étaient les suivants :
- Des programmes de bénévolat transformateurs, qui portait sur l’intégration du service dans la culture organisationnelle
- Le bénévolat centré sur les communautés, qui visait une écoute plus profonde
- La mobilisation de la prochaine génération, qui se penchait sur l’implication de la génération Z et de la génération Alpha
- L’IA rencontre le bien social, qui examinait les données et l’automation pour une mise à l’échelle
- Raviver le service national, qui plaidait en faveur d’investissements dans les infrastructures de bénévolat
- Alimenter la croissance organisationnelle, qui portait sur la durabilité
Pourquoi il s’agit d’un réseau important
Lors de cette conférence, Points of Light a inauguré une campagne audacieuse pour doubler le bénévolat à l’échelle mondiale d’ici 2035. L’objectif est de rejoindre 150 millions de personnes et de récolter 100 millions de dollars sur une période de trois ans. Le réseau veut atteindre cet objectif par le biais de l’implication des jeunes, de la technologie et de meilleures façons de mesurer ce qui compte le plus.
À titre de membre canadien, c’est avec enthousiasme que nous voulons aider à concrétiser cette vision mondiale en améliorant la façon dont les gens s’impliquent, donnent aux autres et dirigent un changement au sein de leur communauté.
Une stratégie nationale enracinée dans la communauté
Chez Bénévoles Canada, l’élaboration de la stratégie d’action nationale sur le bénévolat représente un grand projet qui aidera à renforcer le paysage canadien du bénévolat. Il s’agit d’une occasion pour repenser la place qu’occupe le bénévolat dans la vie des Canadiennes et des Canadiens. Nous travaillons à l’élaboration de la stratégie avec des personnes qui connaissent la réalité de la participation, mais aussi de l’exclusion. La stratégie est façonnée par des jeunes, des personnes nouvellement arrivées au pays, des personnes âgées, des leaders du secteur et des personnes qui prennent soin d’autres membres de leur communauté, qu’elles se désignent comme des bénévoles ou non.
L’expérience à La Nouvelle-Orléans m’a rappelé que ce travail s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus vaste. En effet, plusieurs de nos pairs s’efforcent aussi de repenser leur cadre national. Un sous-investissement dans les infrastructures de bénévolat ne constitue pas seulement un enjeu au Canada, mais notre volonté d’agir face à cette réalité semble plus forte que jamais.
Il en va de même de la volonté de Bénévoles Canada à collaborer avec nos partenaires pour accroître la résilience dans l’ensemble du secteur.
Je repense souvent à une phrase entendue lors d’une conversation qui a précédé la conférence et qui portait sur l’avenir du bénévolat à travers les frontières et sur le besoin de renforcer le système : « Nous disons souvent que notre secteur est résilient, mais il ne devrait pas avoir à être si fragile pour prouver sa valeur. » Cette affirmation continuera d’influencer la manière dont Bénévoles Canada va de l’avant dans son travail.
Aller de l’avant ensemble
Partout dans le monde, le secteur du bénévolat fait face à des enjeux similaires : épuisement du personnel, financement limité, augmentation de la demande de services. Ce sont aussi les préoccupations régulièrement exprimées par nos partenaires à l’échelle du pays.
Ces enjeux communs amènent aussi toutefois un dynamisme et un sentiment d’urgence pour travailler ensemble en vue de maximiser l’impact dans les communautés que nous servons. C’est le principal constat que je rapporte chez Bénévoles Canada. Le temps est venu de nous retrousser les manches!
Concrètement, quelles sont les choses que j’ai entendues souvent durant la conférence Points of Light? En voici quelques-unes :
- Quand les personnes qui font du bénévolat sont traitées comme des partenaires, avec honnêteté et transparence, elles demeurent impliquées bien après la fin de l’événement. Il est important de créer conjointement des expériences simples et significatives pour l’ensemble des personnes concernées. Ces expériences doivent aussi résoudre les bons problèmes de manière crédible.
- Il est temps de réfléchir autrement à la croissance. Il vaut souvent mieux faire moins, mais le faire bien. Ce faisant, il est possible d’accroître la valeur sans se sentir surchargé.
- Les données et les mesures ne comptent que lorsque l’on comprend les histoires derrière les chiffres. Ce sont ces histoires, authentiques, éthiques et ancrées dans le vécu, qui comptent plus que tout.
- Les infrastructures ne sont pas seulement des plateformes ou des outils physiques. Elles renvoient à des systèmes qui facilitent la participation. Cela inclut la numérisation de l’accès, la réduction des obstacles et la collaboration avec les gouvernements pour augmenter le financement et permettre à des organismes sans but lucratif de travailler en partenariats. Cela inclut aussi la création de coalitions avec des partenaires régionaux, ainsi que d’un langage commun entre les secteurs. Enfin, les gens font également partie des infrastructures et nous devons leur donner les moyens d’agir.
Le monde change; les relations aussi. Toutefois, nous continuons de croire fermement au changement propulsé par les gens. Les conversations que nous avons eues à La Nouvelle-Orléans sont significatives ici, au Canada, tout comme l’est notre point de vue sur la scène mondiale.
Bénévoles Canada gardera ça en tête en continuant de construire quelque chose d’audacieux, de commun et de bien enraciné.