Rencontre avec la nouvelle présidente du conseil d’administration de Bénévoles Canada

Rencontre avec la nouvelle présidente du conseil d’administration de Bénévoles Canada
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Jane Hennig a une expérience considérable en gestion des bénévoles et en gouvernance de conseil.  Elle est directrice exécutive du Volunteer Action Centre de la région de Waterloo et une bénévole de longue date dont l’engagement personnel et professionnel envers la participation communautaire et le développement communautaire impressionne.  Récemment élue au poste de présidente entrante du conseil d’administration de Bénévoles Canada, nous avons eu le plaisir de nous asseoir avec Jane afin de nous renseigner sur ce qui la motive, sur sa vision pour l’avenir de Bénévoles Canada et bien plus encore.

Jane : Laissez-moi commencer par dire que c’est un véritable honneur pour moi d’être associée avec Bénévoles Canada.  Je me suis jointe au conseil d’administration en 2014 et suis maintenant très heureuse de présider cette merveilleuse équipe qui collabore étroitement avec le personnel afin d’assurer la force de notre organisme et de promouvoir le bénévolat au Canada.

BC : Comment et pourquoi vous êtes-vous jointe à Bénévoles Canada?

Jane : Au cours des 20 dernières années, j’ai été membre de Bénévoles Canada, tout comme les organismes pour lesquels je travaillais.  J’ai participé à des formations, lu les documents de recherche et mis en pratique ces connaissances de différentes façons dans le but d’appuyer mes efforts au sein de ma collectivité.  Mon premier contact avec cet organisme est venu de mon engagement de longue date envers le bénévolat, ainsi que de mon intérêt à me renseigner sur ce qui se passait au-delà de ma collectivité.  Lorsque je suis devenue directrice exécutive d’un centre d’action bénévole, le réseau national d’organismes et d’institutions avec lequel collabore Bénévoles Canada et le point d’accès central pour la mobilisation du savoir chez Bénévoles Canada m’ont encouragée à m’impliquer davantage.

BC : En quoi la mission de Bénévoles Canada est-elle significative pour vous?

Jane : Notre mission, soit « assurer un leadership national et une expertise dans le domaine du bénévolat de manière à accroître la participation bénévole et à améliorer la qualité et la diversité des expériences des bénévoles », prend réellement de l’ampleur dans le contexte de notre vison, soit « Des Canadiens engagés qui bâtissent des collectivités solides et branchées pour créer un Canada dynamique ».  Tant de preuves appuient le sentiment accru de connexion avec la collectivité que ressentent les particuliers qui font du bénévolat.  La force principale de la mission et de la vision de Bénévoles Canada est qu’elles établissent clairement un lien entre le bénévolat et la résilience des collectivités, et, au final, avec la résilience de notre pays.  Les gens sont généralement à l’aise de dire que le bénévolat constitue une partie intégrante de notre culture.  Il incombe à Bénévoles Canada de démontrer ce fait et de nous assurer que le bénévolat canadien est reconnu pour sa grande incidence sur notre nation.

BC : Qu’est-ce qui vous motive?

Jane : Ce qui me motive personnellement est également ce qui me motive à travailler si étroitement avec Bénévoles Canada.  Tous les jours, je constate les contributions des bénévoles, ainsi que leur incidence sur notre collectivité.  Je vois également des leaders communautaires apprécier les efforts des bénévoles sans pour autant explorer leur valeur ou leur nécessité dans notre culture.  Les contributions bénévoles entraînent du changement grâce aux services et au leadership offerts pour diverses questions d’ordre social, économique, culturel et environnemental.  Prouver la valeur du bénévolat au sein de ma collectivité et à l’échelle du Canada est devenu bien plus qu’une profession pour moi.  C’est devenu ma vocation.

BC : À quoi ressemble le succès pour Bénévoles Canada?

Jane : De concert avec le personnel, le conseil d’administration s’efforce de mettre à jour son plan stratégique et de le redynamiser.  Nous ciblerons certaines questions prioritaires qui montrent l’incidence du bénévolat en termes de prévention et de résolution.  Lorsque ce nouveau plan sera finalisé, équité, durabilité, innovation et mobilisation seront bien plus que des mots-clés pour Bénévoles Canada.  Le jour où toutes les collectivités canadiennes bénéficieront du soutien et des ressources dont elles ont besoin pour maintenir leurs services de base grâce à des bénévoles engagés et dévoués, Bénévoles Canada aura atteint son plein potentiel. 

BC : Quelles sont vos priorités en tant que présidente entrante du conseil d’administration?

Jane : J’aimerais souligner le leadership que Frank Seguin a offert à Bénévoles Canada au cours de son mandat de président.  Il a orienté le conseil vers un espace positif avec une bonne compréhension de notre rôle entant que leaders nationaux en matière de bénévolat.  Je tenterai d’y donner suite et de faire croître le leadership de Bénévoles Canada.  Maintenant que j’assume le rôle de présidente, nous, c’est-à-dire le conseil d’administration et le personnel de Bénévoles Canada, amorçons la préparation d’un nouveau plan stratégique et avons très hâte de mettre celui-ci en œuvre au cours des prochains mois.  Nous travaillons sur plusieurs projets nationaux qui appuient le bénévolat au Canada.  Nous continuons de proposer des campagnes de reconnaissance des bénévoles.  En tant que conseil d’administration, nous continuons de miser sur nos relations avec les centres d’action bénévole et les bureaux de bénévolat provinciaux afin de renforcer le bénévolat et de sensibiliser la population aux contributions des bénévoles.  C’est une période très excitante pour Bénévoles Canada.

BC : Quelles forces mettez-vous à profit du conseil d’administration?

Jane : Lorsque je dis aux gens que le travail au sein d’un conseil d’administration me passionne, ils ont tendance à me regarder de travers et à me traiter de « nerd ».  Eh oui!  Mais cela me convient parfaitement.  J’aime toujours regarder la vue d’ensemble et je m’emballe lorsque je trouve de nouvelles stratégies qui permettent d’emprunter de nouvelles voies.  Je n’ai jamais été à l’aise avec le statu quo.  Donc, oui, je suis « nerd ».  Si je peux aider un organisme à aller de l’avant avec de nouvelles stratégies, alors je sens que j’ai accompli quelque chose d’important.

BC : Pouvez-vous décrire une de vos expériences bénévoles parmi les plus significatives?

Jane : Si vous le permettez, j’aimerais partager avec vous deux expériences qui démontrent réellement l’incidence du bénévolat sur ma vie.  L’expérience bénévole qui a le plus influencé mon développement personnel était la première fois que j’ai siégé à un conseil d’administration.  C’était au sein d’un organisme où plusieurs candidats se présentaient aux postes du conseil d’administration.  Il y a donc eu des élections au sens propre du terme.  C’était à la fin des années 70 et j’étais la seule femme à siéger à ce conseil.  De plus, j’étais de loin la plus jeune membre!  J’avais moins de la moitié de l’âge moyen des autres membres.  Ce n’était pas toujours facile.  J’étais parfois traitée avec condescendance, mais certains hommes d’affaires très influents ont fait preuve de grand respect à mon égard et sont devenus mes mentors après la fin de mon mandat au sein de ce conseil d’administration.  Cette expérience a façonné mes compétences de leadership et amélioré ma confiance en moi.  J’ai appris que j’avais beaucoup à offrir à la collectivité.

Mon second exemple est une expérience que j’ai vécue dans une nouvelle collectivité.  J’étais déménagée dans une nouvelle province et ne je connaissais personne dans ma nouvelle ville.  Comme c’était pendant une période de récession, il m’a été très difficile de trouver un emploi.  Je faisais du bénévolat pour différents organismes et m’efforçais de créer un réseau de nouveaux amis lorsque j’ai reçu un appel.  Un poste de gestionnaire des bénévoles allait s’ouvrir le mois suivant, mais il serait seulement affiché à l’interne.  Il y avait également un poste de niveau débutant au sein du même organisme, mais le travail était très physique et peu rémunéré.  Je ne me voyais vraiment pas dans un tel rôle.  Toutefois, ce deuxième poste représentait une façon de mettre le pied dans l’organisme et me donnait la chance de soumettre ma candidature au poste de gestionnaire des bénévoles.  J’ai donc été embauchée pour le poste de débutant à temps partiel.  Je l’ai même occupé pendant un certain temps après avoir obtenu le poste de gestionnaire des bénévoles afin de témoigner ma gratitude à mes employeurs.  Honnêtement, j’y avais pris goût et je m’y plaisais bien.  En tant que bénévole, j’avais été initiée à la profession de gestionnaire des bénévoles et maintenant je pouvais en faire une carrière.  Je suis maintenant directrice exécutive d’un centre d’action bénévole et présidente du conseil d’administration de Bénévoles Canada.

BC : Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait de siéger bénévolement à un conseil d’administration?

Jane : J’envie les gens qui sont au cœur de la prestation des programmes.  J’aimerais tellement être plus apte à rendre visite aux personnes dans le besoin ou encore avoir la créativité nécessaire à la mise en œuvre d’activités de bricolage ou de théâtre.  J’admire les gens qui peuvent entrer dans une pièce et se mettre à jaser avec tous ceux qui s’y trouvent.  Ce n’est tellement pas moi.

Mes années au sein de conseils d’administration m’ont permis de trouver une activité communautaire qui m’emballe et à laquelle j’excelle.  Ce type de travail n’est pas aussi intimidant qu’on pourrait le croire.  Toutefois, il ne convient pas à tous.  Il faut connaître ses forces; comprendre quand s’entêter et quand faire des compromis; être un facilitateur plutôt qu’un faiseur; et déterminer et comprendre les besoins de son organisme, de sa collectivité et du secteur afin de prendre des décisions éclairées.  Voilà les attributs qui importent le plus lorsque vous siégez à un conseil d’administration.  Le fait de côtoyer des gens issus de milieux différents et aux compétences variées renforce un organisme, mais on ne se sent pas toujours à l’aise.  Il est vraiment important pour moi de siéger au conseil d’administration d’un organisme dont la raison-d’être me tient à cœur.  De cette façon, je peux constater que mes efforts contribuent à sa mission.

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